Jean-Xavier de Lestrade, le réalisateur, a sans doute raison de dire
que dans sa série l'aspect de culpabilité de Michael Peterson
n'est pas l'essentiel. Sa réflexion sur la justice est plus
ambitieuse. Quelle place la justice américaine laisse-t-elle
à la vérité? L'affaire OJ Simpson avait
déjà était exemplaire à ce sujet. "The
staircase" a confirmé le peu de cas que l'on fait de la
vérité. La "vérité judiciaire" étant
finalement la seule qui compte qui a tout faire pour obtenir celle que l'on
souhaite.
La procédure pénale avec absence d'instruction a aussi tout
pour déconcerter les héritiers du Code Napoléon avec
ces équipes d'enquêteurs de la défense et de
l'accusation. Si cette dernière peut s'appuyer sur la police, la
défense doit s"offrir des "experts". Les sommes astronomiques
dépensées par Peterson pour s'offrir le meilleur avocat
criminel de Caroline du Nord (spécialiste des affaires très
médiatiques) démontrent l'omnipotence de l'argent. Et dire
que tout cela n'a servi à rien. Certains pourraient y trouver une
certaine morale.
Il est certes un peu regrattable de ne pas avoir pu voir à l'oeuvre
l'équipe de procureurs au travail, car les rares scènes lors
du procès les montrent sous
un jour peu favorable. Aux Etats-Unis, la série a suscité
beaucoup de critiques à ce sujet. Elle est considérée
par beaucoup comme une oeuvre soutenant la défense. Sans oublier
la polémique des liens entre le producteur de la série Poncet
et Peterson qui auraient permis de filmer la série dès le
début de l'affaire.
Reste le déroulement extraordinaire qui vaut tous les
scénarios du monde y compris le dénouement...
 
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